Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a affirmé mardi 05/11/ 2025 que le soutien de la production médiatique nationale et le renforcement de la position et du modèle économique des entreprises de presse figurent parmi les orientations stratégiques du ministère en 2026.
S’exprimant lors de la présentation du projet de budget sectoriel du ministère pour 2026 devant la commission de l’éducation, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, M. Bensaid a indiqué que, dans le cadre de l’achèvement de la restructuration du pôle audiovisuel public, de nouveaux cahiers de charge seront élaborés en 2026 pour la Société nationale de radio et de télévision, la société « Soread 2M » , » Medi 1 TV » et » Medi 1 Radio » ainsi que la préparation d’un contrat-programme entre l’État et le pôle audiovisuel public.
S’agissant de la situation de la presse écrite et électronique, le ministre a fait savoir que le ministère œuvre à poursuivre le projet de révision du Code de la presse et de l’édition et à organiser des formations au profit des journalistes professionnels sur la lutte contre les fake news aux niveaux régional et national, ainsi que des sessions de formation dans le domaine du journalisme sportif à l’échelle régionale et nationale.
Par ailleurs, le ministre a salué le travail accompli par l’Agence Maghreb Arabe Presse en 2024 à travers sa couverture et son accompagnement des événements les plus importants aux niveaux national et international.
L’Agence, a-t-il ajouté, entend intégrer en 2026 des solutions d’intelligence artificielle dans les opérations professionnelles, diffuser une application mobile unifiée, lancer les nouvelles plateformes (MAP.ma) et (MAPMEDIA), mettre en œuvre une solution de contrôle d’accès au réseau (NAC – NETWORK ACCESS CONTROL), améliorer la sécurité des données et déployer des capacités de détection dans le dark web en vue de renforcer les mesures de vigilance face aux menaces émergentes.
M. Bensaid a également indiqué que le budget du département de la communication s’élèvera en 2026 à 2.350.318.000 dirhams, dont 1.875.206.000 dirhams sont alloués à la gestion et 475.112.000 dirhams à l’investissement.
Concernant le secteur de la jeunesse, le ministre a souligné que les programmes et projets de l’année prochaine visent à élargir l’accès aux programmes et services destinés aux jeunes, à renforcer leur inclusion économique et sociale à travers la formation, l’auto-emploi et l’entrepreneuriat, et à consolider les valeurs de citoyenneté et d’innovation à travers la participation et l’action de volontariat.
Il a également noté que le ministère entend lancer le programme 2026 dédié à la mise à niveau et l’équipement des institutions du secteur au niveau des régions du Royaume, et poursuivre la réalisation des projets de centres de colonies de vacances, ainsi que des projets conclus dans le cadre des conventions de partenariat avec divers partenaires au niveau national.
Sur un autre registre, M. Bensaid a souligné que le plan d’action pour le secteur de la culture à l’horizon 2026 vise à consolider le rôle de la culture dans la vie sociale et économique et à renforcer la position du Royaume en tant que pays de coexistence et de tolérance à la faveur d’un plan destiné à ériger la culture en moteur du développement humain.
Il a souligné aussi que les programmes du secteur tendent à protéger et à promouvoir le patrimoine culturel marocain, à développer le livre et la lecture publique, à encourager la créativité culturelle et artistique, à simplifier les procédures administratives et à digitaliser l’administration, à moderniser les infrastructures culturelles et à renforcer la diplomatie culturelle.
M. Bensaid a souligné de même que le ministère va poursuivre les efforts entamés en 2021 pour protéger le patrimoine culturel immatériel à travers un partenariat avec l’UNESCO, la promotion du « label Maroc », la signature d’un accord de partenariat avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et la poursuite de l’inscription des éléments du patrimoine marocain auprès de l’UNESCO et de l’Organisation du Monde Islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) .
MAP 04 Novembre 2025

L’éducation aux médias, un enjeu majeur pour un environnement informationnel inclusif à l’ère de l’IA
L’éducation aux médias et à l’information (EMI) constitue un enjeu majeur pour promouvoir un environnement informationnel inclusif et démocratique à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), a affirmé, à Montréal, le directeur de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), Abdellatif Bensfia. Intervenant dans le cadre des travaux de la Conférence internationale annuelle du Réseau international des chaires UNESCO en communication (ORBICOM), organisée du 26 au 30 octobre à l’Université du Québec, en collaboration avec la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement (CUCTD), M. Bensfia a souligné l’importance d’évaluer l’impact des stratégies et des programmes de l’EMI afin d’en améliorer l’efficacité et de mieux répondre aux mutations de l’écosystème médiatique et numérique. M. Bensfia, également président de la Chaire UNESCO sur les médias, la communication et la culture de la paix à l’ère numérique, a mis l’accent sur les enjeux méthodologiques liés à l’évaluation des connaissances, des compétences et des comportements développés par les différents publics bénéficiaires de ces dispositifs éducatifs. À cet égard, il a relevé que l’EMI constitue un processus continu d’apprentissage et de sensibilisation tout au long de la vie, qui s’adresse à des publics aux besoins variés, notamment les enfants, les élèves, les jeunes non scolarisés, les parents, les éducateurs, les acteurs de la société civile, les institutions et les professionnels des médias, notant que cette diversité implique l’adoption d’approches pédagogiques adaptées aux caractéristiques et aux usages de chaque groupe. M. Bensfia a également souligné que l’évaluation de l’impact de l’EMI ne saurait se limiter à la mesure des connaissances acquises, mais devrait également prendre en compte la capacité des bénéficiaires à mobiliser leurs compétences dans des situations concrètes, ainsi que l’évolution de leurs attitudes, de leurs comportements et de leur engagement citoyen. Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’élargir cette évaluation à l’ensemble de l’environnement médiatique et numérique, en tenant compte des mécanismes de production et de circulation de l’information, des conditions de visibilité des contenus et des valeurs qui structurent l’espace public. À titre d’illustration, il a évoqué une étude réalisée en 2025 auprès des étudiants de dernière année de licence à l’ISIC, qui visait à déterminer si l’enseignement de la déontologie et de l’éthique journalistiques contribue à renforcer la confiance professionnelle des futurs journalistes à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Placée sous le thème « Médias, intelligence artificielle et démocratie : imaginaires communicationnels dans un monde numérique fragmenté », la conférence ORBICOM aborde notamment les mécanismes de protection et de formation des journalistes face à la désinformation et à l’IA, ainsi que les moyens de promouvoir l’inclusion numérique et la résilience informationnelle dans les contextes multilingues. Cette rencontre réunit des chercheurs, des titulaires de chaires UNESCO, des professionnels des médias, des responsables politiques et des représentants de la société civile venus de différents continents afin de débattre des transformations induites par l’IA dans l’écosystème médiatique et de leurs répercussions sur la démocratie. Le programme prévoit plus de 115 communications réparties sur 35 panels, des conférences plénières, ainsi que deux ateliers des chaires UNESCO consacrés à l’élaboration d’un agenda commun de recherche sur l’éducation aux médias et à l’information pour la période 2027-2031. MAP : 27 Octobre


