Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a affirmé, lundi 01/12/2025, à la Chambre des conseillers, que 80 % des observations du Conseil économique, social et environnemental et du Conseil national des droits de l’Homme ont été prises en compte dans les amendements apportés au projet de loi n°26.25 relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse (CNP).
Lors d’une réunion de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication consacrée à l’examen détaillé des dispositions du projet de loi n°26.25 relatif à la réorganisation du CNP, le ministre a souligné l’importance de renforcer le rôle du Conseil, notamment en termes de représentativité, notant que la présence de représentants de syndicats parmi ses composantes renforce l’action du CNP.
Il a souligné que ledit projet vise particulièrement à renforcer le mécanisme de recours en interne avant de saisir la justice et à garantir les droits de toutes les parties en interne, de manière à garantir une mise en œuvre optimale de ces règles juridiques.
Après avoir relevé le respect des dispositions constitutionnelles dans le cadre de ce projet de loi, le ministre a abordé la diversité des modèles internationaux relatifs à la représentativité au sein de tels conseils, notant qu’il n’existe pas de modèle unique en la matière.
Évoquant les mutations qui s’opèrent dans le secteur audiovisuel à l’échelle mondiale, le ministre a mis l’accent sur les nouveaux métiers de la communication, relevant que les défis ne se limitent plus à la presse papier, mais qu’il existe de nouveaux métiers dans ce domaine, tel que le podcast, qui doivent être définis en tenant compte des expériences internationales en la matière.
Lors de cette réunion, les discussions ont principalement porté sur le mode de vote, les groupes d’opposition estimant que le projet de loi propose un mode de vote individuel pour les journalistes contre un vote par liste pour les éditeurs, jugeant injustifiée cette asymétrie.
Ces groupes ont également souligné leur engagement à œuvrer pour améliorer ce texte et parvenir à des consensus garantissant la protection des journalistes et renforçant leur autorégulation, saluant l’ouverture du ministre aux amendements proposés ainsi que sa volonté de prendre en compte les conclusions des consultations menées avec les professionnels et la commission provisoire.
Saluant le contenu de ce texte, les groupes de la majorité ont, de leur côté, abordé certaines observations formelles relatives, notamment à l’article 33 concernant la date du scrutin.
MAP 012Décembre 2025

L’éducation aux médias, un enjeu majeur pour un environnement informationnel inclusif à l’ère de l’IA
L’éducation aux médias et à l’information (EMI) constitue un enjeu majeur pour promouvoir un environnement informationnel inclusif et démocratique à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), a affirmé, à Montréal, le directeur de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), Abdellatif Bensfia. Intervenant dans le cadre des travaux de la Conférence internationale annuelle du Réseau international des chaires UNESCO en communication (ORBICOM), organisée du 26 au 30 octobre à l’Université du Québec, en collaboration avec la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement (CUCTD), M. Bensfia a souligné l’importance d’évaluer l’impact des stratégies et des programmes de l’EMI afin d’en améliorer l’efficacité et de mieux répondre aux mutations de l’écosystème médiatique et numérique. M. Bensfia, également président de la Chaire UNESCO sur les médias, la communication et la culture de la paix à l’ère numérique, a mis l’accent sur les enjeux méthodologiques liés à l’évaluation des connaissances, des compétences et des comportements développés par les différents publics bénéficiaires de ces dispositifs éducatifs. À cet égard, il a relevé que l’EMI constitue un processus continu d’apprentissage et de sensibilisation tout au long de la vie, qui s’adresse à des publics aux besoins variés, notamment les enfants, les élèves, les jeunes non scolarisés, les parents, les éducateurs, les acteurs de la société civile, les institutions et les professionnels des médias, notant que cette diversité implique l’adoption d’approches pédagogiques adaptées aux caractéristiques et aux usages de chaque groupe. M. Bensfia a également souligné que l’évaluation de l’impact de l’EMI ne saurait se limiter à la mesure des connaissances acquises, mais devrait également prendre en compte la capacité des bénéficiaires à mobiliser leurs compétences dans des situations concrètes, ainsi que l’évolution de leurs attitudes, de leurs comportements et de leur engagement citoyen. Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’élargir cette évaluation à l’ensemble de l’environnement médiatique et numérique, en tenant compte des mécanismes de production et de circulation de l’information, des conditions de visibilité des contenus et des valeurs qui structurent l’espace public. À titre d’illustration, il a évoqué une étude réalisée en 2025 auprès des étudiants de dernière année de licence à l’ISIC, qui visait à déterminer si l’enseignement de la déontologie et de l’éthique journalistiques contribue à renforcer la confiance professionnelle des futurs journalistes à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. Placée sous le thème « Médias, intelligence artificielle et démocratie : imaginaires communicationnels dans un monde numérique fragmenté », la conférence ORBICOM aborde notamment les mécanismes de protection et de formation des journalistes face à la désinformation et à l’IA, ainsi que les moyens de promouvoir l’inclusion numérique et la résilience informationnelle dans les contextes multilingues. Cette rencontre réunit des chercheurs, des titulaires de chaires UNESCO, des professionnels des médias, des responsables politiques et des représentants de la société civile venus de différents continents afin de débattre des transformations induites par l’IA dans l’écosystème médiatique et de leurs répercussions sur la démocratie. Le programme prévoit plus de 115 communications réparties sur 35 panels, des conférences plénières, ainsi que deux ateliers des chaires UNESCO consacrés à l’élaboration d’un agenda commun de recherche sur l’éducation aux médias et à l’information pour la période 2027-2031. MAP : 27 Octobre


