Les travaux des premières Assises nationales sur les archives au Maroc se sont ouverts, mercredi à Rabat, avec la participation d’une pléiade de responsables et d’experts qui se penchent sur les moyens de développer une gouvernance tournée vers l’avenir, à même de protéger la mémoire nationale et la souveraineté numérique à l’ère des transformations technologiques.
Lors de la séance d’ouverture de ces Assises, organisées sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’Institution des Archives du Maroc et l’Académie du Royaume du Maroc, les intervenants ont mis en relief le caractère stratégique de l’archive en tant que secteur transversal offrant un service vital à l’État et ses institutions ainsi qu’aux citoyens, plaidant pour une mobilisation collective afin de tracer une feuille de route dédiée.
S’exprimant à l’occasion de cette rencontre qui s’est déroulée en présence du Conseiller de Sa Majesté le Roi, Omar Azziman, des responsables d’institutions publiques et d’experts et universitaires, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné que l’archive constitue l’une des principales références de la mémoire et de l’histoire, d’où la nécessité de promouvoir ce secteur pour qu’il puisse contribuer pleinement à la préservation du patrimoine et à la promotion des industries créatives.
L’expérience marocaine dans le domaine des archives est consubstantielle à une dynamique de réflexion collective sur la réforme et le développement durable, a fait observer M. Bensaid, notant que les grands chantiers de réforme engagés au Maroc requièrent un accompagnement en termes de documentation.
Pour sa part, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a indiqué que réfléchir à la question des archives « revient à questionner la mémoire du pays et son avenir au moment où l’on assiste à une prise de conscience accrue quant à l’importance de la mémoire dans le parcours des nations ».
Les archives, a-t-il dit, constituent une mémoire vivante, un système de connaissances et un outil de souveraineté permettant de documenter les décisions et les politiques, offrant ainsi aux historiens une matière authentique pour comprendre la société et l’État.
Quant à elle, la Directrice des Archives du Maroc, Latifa Moftaqir, a mis en exergue l’importance des archives pour la mise en place d’une gouvernance démocratique et la promotion de la transparence et de la culture institutionnelle, évoquant la complexité des missions archivistiques dans un monde en mutation et la nécessité d’une réflexion collective pour repenser la gouvernance de ce secteur qui implique de multiples acteurs.
La responsable a mis l’accent, à cet égard, sur l’importance d’investir dans la formation en combinant les expertises traditionnelles et les innovations technologiques, y compris l’intelligence artificielle, dans un contexte mondial marqué par une concurrence ardue pour la maîtrise de l’information et la prolifération des fausses informations, exprimant son souhait de voir ces efforts collectifs aboutir à l’adoption d’une charte nationale des archives.
À travers différentes sessions thématiques, les Assises nationales sur les archives visent à créer un espace de dialogue autour des enjeux de la gouvernance archivistique, en vue d’élaborer une feuille de route nationale 2026-2036 pour la gestion des archives publiques au Maroc.
L’objectif consiste également consacrer la place des archives comme levier de bonne gouvernance et de transparence, promouvoir le dialogue entre décideurs, chercheurs et professionnels et élaborer une politique nationale intégrée, moderne et inclusive en matière d’archives, ainsi qu’à valoriser les archives en tant que patrimoine commun et levier du développement durable.
Il s’agit, d’autre part, de dresser un bilan global des pratiques archivistiques au Maroc, formuler des recommandations concrètes pour faire face aux défis du secteur, renforcer la coopération entre les institutions, y compris les administrations publiques, les chercheurs, les collectivités territoriales et les partenaires internationaux, en plus d’encourager l’utilisation des nouvelles technologies dans le traitement et la conservation du patrimoine archivistique.
Les travaux de ces Assises sont répartis sur neuf sessions thématiques portant notamment sur « la politique nationale de gestion des archives : vers une vision archivistique unifiée », « les archives régionales comme levier de la démocratie locale et du développement territorial », « les archives privées au Maroc : enjeux et perspectives d’intégration dans le patrimoine national » et « la vision, la gouvernance et le cadre juridique des archives ».
Ces sessions abordent également les thématiques de « la numérisation, l’intelligence artificielle et l’innovation archivistique », « les archives et les industries culturelles et créatives et leur rôle dans l’économie de la connaissance », » les archives comme source de savoir et outil de recherche académique », « la formation et la qualification dans les métiers des archives au Maroc » ainsi que « la coopération internationale et technique, la souveraineté archivistique et les partenariats ».
MAP 08 Avril 2026

Le Maroc a franchi un cap majeur dans l’industrie du gaming
Le Maroc a franchi un cap majeur dans le domaine du gaming, en dépassant la simple logique du divertissement pour œuvrer au développement local de cette industrie, a affirmé dimanche à Rabat le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Monsieur Mohamed Mehdi Bensaid. Lors d’une rencontre organisée dans le cadre de la 3e édition du Morocco Gaming Expo (MGE 2026), M. Bensaid a souligné que les jeux vidéo ne se résument plus à une dimension économique, mais constituent désormais un espace social fédérateur, capable de rassembler les jeunes autour de passions communes et de transformer cet engouement en une industrie économique porteuse. Le MGE 2026 a été conçu pour faire connaître l’écosystème lié à cette industrie et mettre en lumière les perspectives de réussite qu’elle offre, a-t-il ajouté lors de cette rencontre placée sous le thème “L’industrie du gaming : des perspectives prometteuses pour les jeunes talents”. En outre, le ministre a évoqué la problématique de l’addiction aux jeux vidéo et les inquiétudes qu’elle suscite auprès des familles, précisant qu’une action collective est menée par le ministère avec plusieurs partenaires, dont le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), en plus des familles. Il s’agit, en effet, de développer cette industrie dans un cadre rassurant pour les familles, tout en encourageant les jeunes talents à poursuivre des parcours académiques et professionnels spécialisés lorsque leur potentiel dans ce domaine se confirme, a-t-il fait observer. De son côté, la représentante de l’UNICEF au Maroc, Laura Bill, a insisté sur l’immense potentiel de l’univers vidéoludique, qui réunit aujourd’hui plus d’un milliard de personnes à travers le monde, dont des enfants, Elle a rappelé que l’agence onusienne plaide pour un environnement vidéoludique sûr et protecteur pour les enfants, tout en faisant du gaming un outil de développement des compétences des jeunes filles et garçons. Le partenariat entre l’UNICEF et le ministère de tutelle, notamment à travers l’adhésion du Maroc à l’Alliance « Game Changers », a déjà permis d’offrir des opportunités à près de 200 jeunes filles dans le domaine du design de jeux vidéo, a-t-elle fait savoir. Elle a noté que certaines de ces jeunes filles ont intégré ce secteur pour la première fois et réussi à changer le regard de leurs familles sur ce secteur, tandis que d’autres ont choisi de réorienter leur carrière vers la conception et le développement de jeux vidéo, a-t-elle fait savoir. Cette rencontre, à laquelle ont pris part des directeurs exécutifs d’entreprises spécialisées dans l’industrie du gaming au Danemark et en Corée ainsi que des universitaires, s’inscrit dans le cadre de la célébration par le Maroc de la Journée nationale de l’enfant (25 mai). MAP 24 Mai


